Métaphore
29jan09
Trouvé chez Pierre Assouline:
”La censure est la mère de la métaphore” Borges
Une gamine
24jan09
Des petits seins carrés, avec les tétons dans les coins.
Village
24jan09
Dans mon village, il y aurait une “rue neuve-la-vieille” et une “petite rue des morts”.
Enfance
24jan09
Il ferme la bouche
Lisse et patient
Comme un caillou
Vivre
24jan09
Comme beaucoup de gens, je vis souvent au passé, au futur ou au conditionnel…
Un savant
24jan09
“Un savant est un homme qui sait des choses qu’il faudrait savoir mieux que lui pour être sûr que ça n’est pas un imbécile”
Frédéric Paulhan
Satyre ?
24jan09
Un appel “téléfaunique”, hin hin.
Une autre femme
24jan09
Pas de seins, un corsage; pas de hanches, un plissé; pas de jambes, des bas; pas de lèvres, du rouge…
Photo
24jan09
Cette nana avec ses grosses lunettes en écaille, ses sapes de 1942 et son maquillage blafard, ses cheveux sépia et ses camaïeux de gris, elle essayait de ressembler à une photo !
(Disons : Simone Weil à Londres pendant la guerre)
Nature humaine (?)
24jan09
“Les gens sont naturellement paresseux, ils ne retiennent que ce qui les intéresse”
Non; ils retiennent certaines choses et pas d’autres parce qu’ils sont intéressés par certaines choses et pas par d’autres.
“Peur du changement” ? Peut être, mais parce que crainte (légitime) de perdre –pas “nature humaine”, calcul rationnel précis, à partir des données dont ils disposent.
Langage
24jan09
“On dit ça par abus de langage” ; on pourrait dire de quelqu’un “Il est pris de langage” comme on dit “Il est pris de boisson”.
Musicothérapie
24jan09
La musique répétitive comme Rorschach musical,comme musique presque immobile; par opposition aux autres musiques qui ont un sens de lecture “longitudinal” obligé ?
Changement
24jan09
Dans mon expérience, il n’y a pas de résistance au changement en tant que tel ; les gens résistent à la perte ; si on propose un bon échange, ils marchent.
Si les gens veulent bien changer, ils ne veulent pas qu’on les change…
Un chien
24jan09
Un chien, c’est un enfant dont on peut choisir la marque et le modèle.
Cours de chant
24jan09
La voix qui s’accroche à la note, un tout petit peu en dessous, et qui finit par se rétablir au vibrato.
Un gamin
24jan09
Il n’a pas les deux yeux dans le même sabot !
Une femme
24jan09
Elle fait tout avec une sorte de dextérité saoule.
Père
24jan09
“La naissance d’un enfant comme production d’un père”
Curiosité
24jan09
“D’une curiosité sans borgne”
Chagrin public (métro, soir)
24jan09
Elle est laide, le visage grêlé, pas de lèvres, le cheveu triste, un manteau noir pas net sur une jupe rose boulochée, au plissé soleil catastrophé, des collants gris fils tirés, maigrichonne.
Elle est en train de lui dire d’un air sérieux, avec le visage d’une militante qui explique pourquoi on ne doit pas faire ci et ça, “tu comprends, les gens se déclarent par ce qu’ils font et non par ce qu’ils ne font pas” ; elle a l’air si sérieuse, si raisonnable.
L’autre lui parle, lui dit quelque chose mais je ne l’entends pas. Et tout à coup je sais qu’elle va pleurer, et ça ne manque pas, elle pleure –comment l’ai-je su ? Un mouvement des lèvres, une ombre sur le visage. Son visage immobile a rosi et j’ai su qu’elle allait pleurer. (Bien souvent, par la suite…).
De grosses larmes de môme, ses lèvres se rentrent encore, tremblent, et les yeux, ces yeux que je ne peux pas supporter, obliques, tombants, suppliants, loin, rouges.
Elle a sorti un mouchoir en papier, se mouche (j’avais écrit “se moche”), s’essuie les joues. Elle se mord un doigt (“se mordre les doigts”, on dit vrai) en tenant son mouchoir en papier serré dans sa main, et des larmes coulent.
Lui essaye de la consoler avec des mots que je n’entends pas. Il lui prend le mouchoir des mains et lui tamponne les yeux, il se lève à moitié de son siège pour l’embrasser, j’ai son derrière à hauteur des yeux, il se rassieds et parle encore.
[Je suis arrivé à ma station]
[Pensé à Brel et à "Orly"]
Observer…
24jan09
…le système de production de l’incompétence, du non-traitement des problèmes.
Eté
24jan09
Du raisin ensaché,
Prévoyance d’un père,
Colères d’insectes
Question à un âtrier
24jan09
“Avez-vous jamais construit un barbecue?”
Son vêtement manie savamment une géométrie d’interstices, pour captiver.
Voir
24jan09
Le souffle court, il tremble
Du tissu
Baille sur de la peau
Hémitriptère ?
24jan09
Il est question quelque part dans Vialatte “d’hémitriptères”.
Etant donné que “diptère” veut dire “pourvu de deux ailes” (comme les mouches), je suppose que “triptère” signifie “qui en a trois”.
Il s’ensuit que –donc– “hémitriptère” voudrait dire “qui a la moitié de trois ailes” , et je suis bien ennuyé.
“Eloge du déclin”
24jan09
Vague velléité, avec PM, il y a longtemps, d’écrire un “éloge du déclin” — avec un chapitre intitulé “Le chausson de Lily Bürstner”.
Idée de l’époque : Battling le ténébreux, c’est Werther ?
L’automobile et l’informatique
24jan09
Une comparaison qui avait cours dans les années 90 :
“Si l’automobile avait fait autant de progrès que l’informatique, une Rolls coûterait 30 franc, ferait un million de km avec un litre d’essence, pourrait motoriser le Queen Elizabeth II, et on en mettrait 6 sur la tête d’une épingle!”
Pensée fugitive : l’industrie informatique essaye de nous faire rentrer dans cette Rolls
[ou bien non?]
Les oiseaux
24jan09
D’une amie citadine, première nuit à la campagne, qui arrive au petit déjeuner avec les yeux cernés:
“J’ai été réveillée par les oiseaux qui hurlaient!”
Tu mérites ?
24jan09
–Tu mérites mieux.
–Je mérite qui m’aime.
Manchotte
24jan09
Quand le garçon découvre l’amputation, et qu’il entend l’accent (peut-être suisse), il ralentit brusquement et devient très doux, tout en contraste avec son activité précédente, sa façon de prendre les commandes en passant, sans s’arrêter.
Son visage à elle est tout en lignes tendues, le front droit et froncé (par la concentration? par un effort?), très blonde, la bouche sérieuse.
On voit beaucoup le mouvement de son bras droit amputé au-dessus du poignet, le peu naturel de l’absence de main qui bloque le côté du sac à dos pour le tenir droit, ouvert, fouiller de “l’autre” main et sortir le portefeuille; de même cette absence de main pour ouvrir le portefeuille, tirer la fermeture éclair, sortir la monnaie (ce qui s’appelle en anglais “a stump”, appuyé sur le soufflet pour empêcher le portefeuille de glisser sur la table).
Sensation forte de faire les mouvements qu’elle fait, en même temps qu’elle ; mouvement mental de tendre la main pour l’aider.
Comme souvent, vague imagination instantanée de ce que ça serait de vivre avec elle.
Au café qui fait l’angle de la rue Bonaparte, en face de la Galerie Bréheret. Les tables en formica, les pieds en fer blanc ou quelque chose.
( PM travaillait là ; son obstination à ne pas “se compromettre” en commentant les ‘oeuvres’ qu’il vendait. Un couple de clients montrant un truc bleu et rouge au mur “c’est joli, hein?” ; Et lui “c’est une gouache” sans sourire.)
1975?